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André MAUCHERAT (Les alignements du Ménec, Carnac, Morbihan. Interprétation et datation)



AM : Comment avez-vous commencé à vous intéresser à l'astronomie et à l'archéologie ?

A. Maucherat : Au lycée, je lisais de nombreux livres et bien sûr des livres d'astronomie, dont le Larousse de G. de Vaucouleurs, célèbre astronome que j'ai eu le plaisir de rencontrer plus tard. D'autres décrivaient les civilisations où cultures disparues, avec, inestimables, les premières photos prises d'avion, pas très nettes et en noir et blanc, des lignes de Nasca au Pérou. J'ai eu aussi le plaisir d'observer les passages dans le ciel de la fusée porteuse de Spoutnik 1 et d'entendre en direct ses bip-bip sur le radiorécepteur de mon père (F8KY).



AM : Quels sont vos meilleurs souvenirs parmi toutes vos activités d'astronome ?

A. Maucherat : Je suis entré comme chercheur au Laboratoire d'Astronomie Spatiale de Marseille, fondé par le professeur G. Courtès, membre de l'Académie des Sciences. Cela m'a permis de participer, en tant que responsable ou co-responsable, à la réalisation et l'exploitation scientifique de nombreux instruments d'astronomie embarqués à bord de fusées ou satellites, dont :

- un coronographe à miroir lancé par une fusée Tacite pointée sur le Soleil, qui a effectué la mesure de l'intensité de la lumière zodiacale.
- Le satellite astronomique français D2B, lancé depuis Kourou par une fusée Diamant, qui a étudié les étoiles, la Voie Lactée, la lumière zodiacale et le gegenschein, en visible et en ultra-violet.
- la sonde solaire SOHO qui envoie en permanence (depuis 1996) des images de la couronne solaire dans le visible et l'ultra-violet : ces images permettent d'étudier l'activité solaire, les relations Soleil-Terre et le climat de l'espace.

Parmi les missions d'observations avec les grands télescopes, les plus intéressantes furent celles réalisées avec ce qui était, à l'époque, le plus grand télescope du monde (diamètre : 6 mètres, mais définitivement le plus lourd !), situé dans le Caucase.

- Allo, bonjour, ici le club d'astronomie du Parc du Soleil et du Cosmos aux Angles (Vaucluse) : nous organisons un voyage en avion autour du monde pour observer une éclipse en Nouvelles Zélande. Nous passerons aussi par les Indes, Bali, l'Australie, Tahiti, l'Ile de Pâques, etc. Seriez-vous disponible pour participer à ce voyage en tant qu'accompagnateur scientifique ?

- Attendez que je réfléchisse ... oui !

Ce voyage fut bien sûr inoubliable. L'observation attentive des statues de l'Ile de Pâques m'a permis de relever un petit scoop concernant l'interprétation des célèbres Moai. Celui-ci sera présenté dans un des prochains ouvrages de la collection Le ciel des Origines.


AM : Comment vous est venu l'idée de vous intéresser aux alignements du Ménec ?

A. Maucherat : L'idée à la base de l'interprétation des alignements du Ménec à Carnac est venue assez simplement : la bibliothèque de l'Observatoire de Marseille possède la revue Journal for the History of Astronomy"dans lequel A. Thom a publié ses articles sur Carnac. Après lecture, il a suffit de tourner le schéma de Thom présentant les rangées des alignements de Ménec ouest d'environ 40°, de façon à rendre la ligne ab horizontale (celle à la base des rangées ouest et passant dans le hameau du Ménec), pour constater qu'il est plausible que ces rangées représentent l'écliptique pendant 12 jours consécutifs. Ensuite, le logiciel d'astronomie Skymap Pro 11 a permis de préciser cette idée et de trouver la nature réelle des rangées.

Ce fut un réel plaisir d'écrire ces livres de vulgarisation et d'interprétation par l'astronomie des artéfacts du passé. J'espère qu'ils vous intéresseront et vous donneront de nouvelles informations sur tous ces sujets passionnants de la préhistoire.



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Les alignements du Ménec, Carnac. Interprétation et datation.