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Eric Van Hamme (Le fil d'Ariane)
AM : Vous travaillez dans un grand groupe de Banque/Assurance et vous écrivez des romans. Vous êtes sujet à un dédoublement de la personnalité ou existe-il un lien ?
E. Van Hamme : (Rire). Non, non, aucun dédoublement de la personnalité à craindre, ou bien alors les deux personnages qui vivent en moi sont totalement étanches, ce qui fait que, lorsque je suis l'un d'entre eux, j'en oublie que l'autre existe. Dans la réalité, nous sommes tous protéiformes, j'entends par là que nous sommes fondamentalement les mêmes mais qu'en fonction de l'environnement et des circonstances nous nous adaptons, plus ou moins. Des petits caméléons en quelque sorte. Il est sûr qu'Eric au travail est une personne bien différente d'Eric écrivain… au travail on attend de moi de l'organisation, des capacités d'analyse et de synthèse alors que mon cahier, lui, attend avant tout de l'imprévu, des rebondissements, du spontané, de l'émotion pure. Dans les deux cas cependant il faut être capable de se projeter, d'imaginer ce qui n'est pas encore, de donner corps à une idée, un concept.
AM : En fait, quel est votre moteur pour écrire ?
E. Van Hamme : Ecrire c'est d'abord partager. Partager est un verbe que j'adore, qui évoque la mise en commun, l'échange, le don également, le désintéressement, l'altruisme. Si j'écris c'est d'abord pour ça, pour vous rencontrer, vous soumettre des idées, des idées portées par des émotions, des sentiments.
Ecrire c'est aussi, modestement, témoigner sur son temps. Ecrire c'est enfin proposer une vision du monde, forcément partiale.
Vous l'avez compris, l'écriture s'impose à moi. C'est elle qui décide, qui s'impose.
AM : Nous avons tous notre idée sur ce qu'est un bon roman. Quelle est la vôtre ?
E. Van Hamme : Mon point de vue n'est pas très original. Un bon roman c'est d'abord et avant toute chose une histoire, un sujet. Mais cela n'est pas suffisant. L'histoire doit être portée par le style. Je veux dire que le style constitue l'écrin de l'histoire. Une histoire, aussi puissante soit-elle, ne pourra être mise en valeur sans les mots. J'ai écrit, et le pense sincèrement, que les mots sont les serviteurs zélés de l'histoire. Sans eux, l'histoire ne serait qu'un diamant brut, et un diamant n'est rien sans le travail du diamantaire.
AM : Présentez-nous en quelques mots votre nouveau roman Le fil d'Ariane.
E. Van Hamme : Le fil d'Ariane c'est d'abord l'histoire d'un déni et d'une vengeance dans un cadre contemporain. Ce roman montre que votre existence, la mienne, peut basculer à partir d'un petit rien, d'un évènement à priori sans conséquence. Le personnage masculin va ainsi se retrouver impliqué, emporté même, dans une histoire, un scénario où il n'avait pas sa place.
AM : Pourquoi un personnage féminin aussi fort ?
E. Van Hamme : Parce que seules les femmes peuvent porter des sentiments aussi forts que ceux que je recherchais. Seules les femmes peuvent aimer, haïr, avec une telle intensité. Les hommes sont incapables de cela.
AM : Qu'attendez-vous de la publication de ce nouveau roman ?
E. Van Hamme : Captiver les lecteurs qui, je l'espère, seront mes meilleurs ambassadeurs. Je compte sur chacune et chacun d'entre vous pour me faire connaître, m'offrir la possibilité de publier toutes ces histoires, dont certaines demanderont un énorme travail préparatoire.
AM : Vous avez changé d'éditeur, pourquoi Actilia Multimedia ?
E. Van Hamme : Pour moi un éditeur doit, avant toute chose, être un passionné du livre avec toute la symbolique que j'y attache. Franck en est le parfait exemple. Actilia Multimédia est un choix délibéré. J'avais en effet la possibilité de rejoindre une maison parisienne reconnue. Mais j'ai trouvé là bas une démarche commerciale trop prégnante, où seul compte le tirage. Je n'ai pas envie d'être un auteur dans une écurie (terme entendu à propos des auteurs de cette maison). Je ne suis pas un animal en stabulation. Franck et moi avons appris à nous connaître et à nous apprécier sur la base de valeurs communes : celles du travail bien fait, du respect du lecteur. L'édition doit à mon sens conserver une dimension artisanale, noble. Le livre n'est pas un produit comme les autres. Le livre porte en lui la passion conjuguée de l'éditeur et de l'auteur. Actilia Multimédia porte ces valeurs, garantit la diversité culturelle. Il n'y a rien qui m'attriste plus que ces hordes de lecteurs que je rencontre chaque jour dans les transports en commun et qui ne lisent que les ouvrages du top 50.
AM : Quelles sont vos relations avec vos lecteurs ?
E. Van Hamme : Mon précédent roman, bien qu'ayant connu un honnête succès d'estime, s'est avant tout diffusé à partir du cercle de ma famille, amis et relations. Hors de ce cercle-là, je n'ai que trop rarement eu l'occasion de rencontrer le vrai lecteur, celui ou celle qui aura acheté mon livre sans me connaître puis qui prendra contact pour échanger, me dire ce qui était réussi de ce qui l'était moins. J'attends une relation forte avec le lecteur. C'est pour cette raison que Franck et moi avons eu l'idée d'indiquer une adresse mail où me joindre. C'est ce qui explique aussi que je tienne un blog. Tout cela procède de la même volonté, le partage dont je parlais précédemment.
AM : Comment voyez-vous votre avenir littéraire ?
E. Van Hamme : Je ne peux qu'espérer que chacun d'entre vous me donnera l'opportunité de poursuivre cette modeste aventure littéraire. Je compte sur vous, et j'espère ne pas vous décevoir.
A très bientôt…
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